Charte du CREP de SQY

1ere version, arrêtée le 18 février 2011, par le Collectif de Réappropriation de l’Espace Public de SQY

Jour après jour, l’espace public devient triste et déserté, simple lieu de passage que l’on s’empresse de traverser pour rejoindre une zone sécurisée : domicile, travail, etc. Les regards y sont furtifs, les yeux se détournent, on s’y fait le plus petit possible et se dire simplement « bonjour » devient un acte incongru. Seuls les annonceurs s’y épanouissent et s’y installent librement. La perte de lien humain en devient effarante et nous ne pouvons en blâmer personne d’autre que nous-mêmes ; les responsables de l’espace public.

Qu’est ce que le CREP de SQY ?

Face à cette situation, des citoyennes et des citoyens réagissent et s’organisent pour se réapproprier l’espace public. Ainsi, le Collectif de Réappropriation de l’Espace Public (CREP) tente de redresser la barre et de replacer l’être humain au cœur des lieux que nous partageons ! Cette plateforme de médiatisation, de mobilisation, est surtout un réseau solidaire de citoyens et de citoyennes déterminés à se réapproprier l’espace public. Dans notre société, celui-ci représente l’ensemble des espaces à l’usage de tous. L’exemple le plus évident est la rue, cet espace de transition morne et monopolisé par les marchands.

Qu’est ce qu’on remet en question dans l’espace public actuel?

En premier lieu, le CREP est constitué de citoyens, qui individuellement, s’indignent et essaient de combattre des barrières trop souvent intériorisées qui contribuent à déshumaniser la rue : repli sur soi, peur de l’autre, abandon du bien collectif, etc. Bref, des citoyens œuvrant pour s’améliorer jour après jour, mais surtout pour améliorer le quotidien de tous. Dès lors, notre mouvement est fondamentalement non-violent et ouvert au débat et à l’échange.

Collectivement, cette union de démarches individuelles vise à influer modestement sur le constat décrit plus haut. Mais aussi à aborder des questions que nous considérons comme intimement liées à ce problème, ou comme liées aux valeurs sous-jacentes à notre action, entre autres :

L’agression publicitaire : la « désertion » de la rue l’a amenée à être confisquée par les médias promotionnels marchands. Tracts, affiches, néons, journaux-pub gratuits… Nous pensons qu’un contre-pouvoir est nécessaire pour limiter l’invasion dans l’espace commun de cette publicité débordante. Nous ne la tolérons que modérément, et n’avons pas à la subir plus que de raison !

Le tout voiture : le déplacement en ville s’est construit autour de la voiture, marginalisant le piéton, le cycliste, les transports en commun, etc. Une erreur monumentale car, en plus d’être une aberration sur le plan écologique et peu adapté au déplacement en ville, le « tout voiture » conduit au repli sur soi, à la surconsommation énergétique, et à l’égoïsme agressif et compétitif.

La peur et l’exclusion : l’espace public est un espace commun de rencontre qui appartient à chacun d’entre nous. Pourtant, il ressemble de plus en plus à un espace répulsif privatisé, dangereux, inéquitable et discriminatoire avec ses caméras de vidéo-surveillance et ses aménagements urbains situationnels.

La « bitumisation » et l’« artificialisation » de la ville : mettre du bitume partout dans la ville est certes meilleur pour la circulation des véhicules motorisés, mais est surtout synonyme de laideur environnementale, d’une perte de biodiversité et d’une stérilisation de la ville.

La confiscation du débat public : les échanges entre citoyens dans l’espace public ne sont plus qu’un lointain souvenir relégué à la Grèce Antique, et le libre accès à l’information à l’usage des citoyens n’est qu’un vœu pieux de transparence dans une démocratie locale qui régresse.

La débauche énergétique : dans une période qui devrait inciter à la sobriété, à la gestion économe et mesurée et au partage des ressources, la concrétisation de la fin de la « consommation à outrance » a du mal à se faire !

Ainsi, nous invitons toutes les citoyennes, et tous les citoyens se sentant concernés par ces questions à nous rejoindre, que ce soit pour discuter ou pour agir. Redonnons vie à l’espace public !

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